Extrait de "FOCUS : Attention et concentration : les clefs de la réussite", de Daniel Goleman :focus

 

"Pour un leader, l'ouverture permet par exemple une lecture plus fine des soutiens et des oppositions que suscite une proposition. Cela peut faire toute la différence entre une tentative qui échoue et l'apport en cours de route d'un correctif opportun.

Dans le contexte du groupe, les signes qui trahissent l'état émotionnel, comme le ton de la voix ou les expressions du visage, peuvent nous dire combien de membres éprouvent de la peur, ou de la colère, combien sont animés par l'espoir et la positivité, ou par le mépris et l'indifférence. Ces signes permettent une évaluation plus rapide et plus juste du sentiment collectif que, par exemple, si l'on demandait à chacun ce qu'il éprouve.

Au travail, les émotions collectives, ce qu'on appelle parfois le climat social, exercent une influence déterminante sur le service à la clientèle, par exemple, ou encore l'absentéisme, et dans la productivité du groupe en général.

Armé d'une appréciation plus nuancée de la gamme des émotions qui prévalent dans le groupe (l'inquiétude, l'espoir et toute la palette des émotions), le dirigeant est en mesure de prendre des décisions qui transformeront l'inquiétude en espoir ou le mépris en positivité.

L'un des obstacles auxquels se heurte une telle ouverture du champ de vision, c'est l'idée implicite dans le monde du travail qu'ignorer nos émotions serait faire preuve de professionalisme. Certains attribuent cette cécité émotionnelle à l'éthique qui imprègne la culture d'entreprise en Occident, où le travail est perçu comme une obligation morale requérant que l'on évite les relations personnelles et qu'on se détourne de ce qu'on ressent. Selon cette vision extrêmement répandue, prêter attention à la dimension humaine serait mauvais pour les affaires.

Pourtant, les recherches conduites dans le monde du travail nous répètent depuis dix ans que c'est une idée fausse, et que les meilleurs coéquipiers et dirigeants sont ceux qui, très ouverts, pêchent les informations dont ils ont besoin pour bien gérer les demandes émotionnelles de leurs partenaires ou de leurs subordonnés."