Voici un extrait du "Livre noir du Management" d'Isabelle Bourboulon (Editions Bayard) :

livre noir

" Les relations humaines sont à l'origine de 80% des dysfonctionnements dans les organisations", nous dit Sylvie Crivel dans son ouvrage Etre soi dans ses relations, qui propose aux collaborateurs des entreprises de développer leur "assertivité" (du mot anglais assertiveness, qui signifie "affirmation de soi dans le respect d'autrui"). Il s'agit de se respecter soi-même en s'exprimant directement, sans détour, mais avec considération. [...]

Le ton est donné. Et il serait malhonnête de ne pas reconnaître, au moins dans les discours, la tentative nouvelle des entreprises de se préoccuper de l'épanouissement de leurs collaborateurs. Aurait-on admis que la gestion par l'inconfort a atteint ses limites ? que l'intensification du travail peut se révéler contre-productive ? que des collaborateurs à l'aise dans leur travail sont plus productifs ? que, dit de façon prosaïque, l'intelligence humaine est la vraie source du profit ? Sans doute, tout cela à la fois.

Lorsqu'on demande à Marc Montaldier de la "Management Academy" quelles sont les principales évolutions constatées dans le domaine du management, il évoque d'emblée le souci des dirigeants d'entreprise de fidéliser leurs collaborateurs en faisant qu'ils "se sentent bien". La capacité à remotiver et valoriser des cadres quelque peu déboussolés par les tensions externes (montée du chômage) et internes (pressions sur le travail) devient aujourd'hui une des préoccupations principales des entreprises. "On est en train de s'intéresser de plus près à l'intelligence humaine en tant que créatrice de valeur, car l'objectif des entreprises reste quand même de se développer. [...] Une nouvelle génération de boss cherche à être plus innovante en vue de dégager du profit heureux, du chiffre d'affaires dans le bonheur."

[...] Dans un autre registre, Pierre Crozier, associé au cabinet de conseil Ascend Partners, m'explique que la performance ne se trouve pas dans la parcellisation des tâches mais dans la variété, dans la solution des dysfonctionnements et de tout ce qui crée de la non-qualité. "La seule manière de tuer le travail inutile, c'est de faire confiance à l'intelligence des gens. Petit à petit, les dirigeants d'entreprise se réapproprient l'humain qui est au coeur de l'entreprise car c'est l'acte humain qui produit de la valeur."